Le catch (dérivé de l'expression catch as catch can — « attrape-le comme tu peux » —, et appelé lutte professionnelle au Canada et professional wrestling en anglais) est un sport-spectacle d'origine américaine qui se déroule sur un ring et qui peut être vu comme un lointain dérivé du pugilat ou de la lutte gréco-romaine, mais qui en diffère énormément dans le sens où les combats sont ici scénarisés. En effet, l'issue de chaque rencontre est déterminée à l'avance par des bookers (c'est-à-dire scénaristes), et chaque protagoniste interprète un personnage (caricatures souvent extrêmes et simplistes du « gentil » ou du « méchant », appelées gimmicks) dont le but est avant tout de faire réagir la foule.
Au contraire des autres sports de combat, un match de catch sert de prétexte à raconter une histoire pour distraire les spectateurs. Par exemple, le catcheur jouant le rôle du méchant passe son temps à « tricher » de sorte à forcer la foule à le huer. Ainsi, les fans s'amusent en encourageant le « gentil » à gagner son match. Malgré cet aspect grand-guignol, le catch possède un aspect sportif indéniable nécessitant une condition physique hors-pair de ses participants, capables d'accomplir de réelles prouesses physiques et surtout, sans se blesser (dans la plupart des cas).
Le catch comporte quand même certaines règles. Il existe plusieurs façons de remporter un match
Décompte de trois
C'est la technique la plus utilisée pour gagner. C'est le tombé (Pinfall) qui consiste a river les épaules de son adversaire au ring pendant trois secondes minimum, décomptées par l'arbitre en frappant sur le ring. Il existe plusieurs versions de tombé, dont le Small package, Roll-up, ... mais la plus utilisée est celui où un catcheur s'allonge sur l'adversaire et passe un bras sous une des jambes de celui-ci, ça s'appelle le cover. Des tombés illégaux furent créés aussi comme porter un tombé en s'aidant des cordes.
Abandon
On peut également bloquer son adversaire dans une prise de soumission et le forcer à abandonner, l'adversaire tapote le matelas. Un Knockout est aussi considéré comme un abandon, l'arbitre peut aussi arrêter le match s'il constate que l'un (ou les deux) des catcheurs reste au sol sans se relever pendant au moins dix secondes ou que l'un (ou les deux) catcheurs perd trop de sang.
Décompte extérieur
Il est possible de gagner sur un décompte extérieur (ou count-out en anglais) ou l'adversaire resté trop longtemps en dehors du ring, en général le temps que l'arbitre compte jusqu'à 10. Si l'autre catcheur (qui est resté sur le ring) descend du ring, l'arbitre est obligé de refaire le décompte.
Disqualification
Enfin, il est possible de gagner sur une disqualification de l'adversaire.
Il est disqualifié s'il :
Met des coups de poing fermés.
Utilise un objet comme arme pour tricher.
Agresse l'arbitre.
Refuse d'exécuter un ordre de l'arbitre (ex : refus de lâcher une prise, étrangler l'adversaire pendant plus de 5 comptes de l'arbitre, plusieurs coups de poing sur un adversaire reposant sur le turnbuckle).
Interférence : si une personne non impliquée dans le combat intervient en faveur d'un des catcheurs, celui-ci est disqualifié.
Employer une attaque interdite
Article détaillé : Attaque au catche
Il existait auparavant une règle qui interdisait la projection de son adversaire par dessus la troisième corde (supérieure). Cette règle n'est cependant plus appliquée.
Il existe aussi des "matchs sans disqualifications" où tous les coups sont permis et où l'arbite ne sert qu'a faire le compte de 3.
Match
Il existe de nombreux types de match. Aux États-Unis, un match de catch dure généralement entre 5 et 10 minutes pour un show normal et 15-60 minutes pour un show de plus grande importance (type Pay-Per-View : WrestleMania et SummerSlam sont les plus célèbres). Traditionnellement, le match oppose un gentil (face) à un méchant (heel) mais ce n'est pas systématique. Bien sûr, la façon dont un catcheur gagne un match sert avant tout à faire avancer le scénario de sa rivalité (dans le jargon du catch, feud) avec son adversaire. Les rivalités sont évidemment décidées par les bookers et ne reflètent pas (ou pas forcément) une véritable animosité entre les catcheurs concernés. Dans la mesure où deux catcheurs impliqués dans un feud vont être amenés à lutter souvent l'un contre l'autre, il est même préférable qu'ils s'entendent bien afin d'être sûrs que les matchs ne dégénèrent pas en authentiques règlements de compte et n'entraînent des blessures réelles. Il existe des réelles rivalité comme entre Edge vs Matt Hardy ou encore Bret Hart et Shawn Michaels.
L'issue du match est toujours prédéterminée par les bookers et doit évidemment être acceptée par les participants pour que le match se déroule correctement et sans malentendu. Le gagnant n'est pas forcément le catcheur le plus talentueux ou le plus populaire : victoires et défaites servent avant tout à raconter une histoire. Les matchs les plus importants sont longuement scénarisés, chorégraphiés et répétés. Pour les matchs de moindre importance, les participants se contentent de déterminer et de répéter les temps forts (appelés spots) : prises risquées, saut depuis la troisième corde, bagarre hors du ring, renversement de situation, prise de finition, etc. Le reste est improvisé.
Précisons également que les interviews et les longues déclarations au micro jouent une part de plus en plus importante du spectacle car elles servent de mise en scène pour de futurs matches. Généralement, les catcheurs les moins habiles à s'exprimer oralement sont accompagnés d'un manager servant à parler à leur place et à les valoriser aux yeux du public. On fait également appel à des Divas, c'est-à-dire des jeunes femmes qui accompagnent vers le ring les catcheurs en mal de popularité, et qui attirent sur leur poulain l'attention du public de par leur plastique.
Match par équipe
Les règles sont les mêmes que les matchs singuliers, mais pour des matchs par équipe, quelques règles s'ajoutent, seulement deux catcheurs sont autorisés à lutter sur le ring, mais les deux catcheurs peuvent faire échange avec leurs coéquipiers, pour cela, il suffit de toucher n'importe quelle partie du corps du coéquipier avec la main qui se trouve derrière les cordes du ring, après cette action, le combattant n'a plus droit de rester dans la "zone de lutte", pour laisser à son coéquipier de lutter, le combattant à 5 secondes pour sortir de cette "zone de combat" sinon ce dernier est disqualifié.
Popularité
Moins populaire dans certains pays comme la France, le catch déchaîne les passions aux États-Unis (et plus généralement en Amérique du Nord) mais également au Japon, au Mexique, en Allemagne, Italie... Il n'est en effet pas rare de voir certaines stars du catch devenir de véritables vedettes du show business américain, tous média confondus, comme Hulk Hogan et The Rock, devenus acteurs.
Une plaisanterie résume de façon un peu caricaturale mais pas totalement fausse la manière dont le catch est perçu à travers le monde : "Au Japon, c'est un sport. Au Mexique, c'est une religion. Au Canada, c'est une tradition. Aux États-Unis, c'est une farce".
Citons ici quelques grands noms du catch américain qui, à l'instar de Zidane en football ou Schumacher en F1, ont marqué à tout jamais leur discipline. Mentionné quelques lignes plus haut, Hulk Hogan peut être considéré comme le responsable de la popularité du catch moderne tel qu'on le connaît aujourd'hui, notamment grâce à sa victoire contre The Iron Sheik pour le championnat WWF(mieux connue maintenant sous le nom de WWE, World Wrestling Entertainment à la place de World Wrestling Federation suite à un conflit de sigle avec la société de protection des animaux, la World Wildlife Fund en Avril 2002) poids lourds le 23 janvier 1984 au Madison Square Garden de New York. Hogan, soutenu par sa légion de fans, a lancé un phénomène de mode connu sous le nom de Hulkamania qui a permis a sa fédération de signer des partenariats avec de grandes chaînes câblées américaines (même MTV) et de proposer la première offre de catch télévisé disponible en paiement à la séance (pay-per-view) : WrestleMania, le 31 mars 1985. WrestleMania est depuis lors devenu la grande tradition annuelle de catch, un peu comme le Super Bowl pour le football américain. D'autres catcheurs resteront eux-aussi comme des vedettes du monde du catch. Citons ici, Andre the Giant, Bret Hart, Shawn Michaels, Sting, The Undertaker, Triple H, Stone Cold, ou encore Ric Flair.
Le monde du catch doit sa grande popularité à Vincent Kennedy McMahon dit Vince McMahon ou "Vinny Mac", grand patron de l'organisation WWE. Celui-ci est l'héritier d'une longue lignée de personnes investies dans le monde du catch. En devenant patron de la WWF (ex-WWWF) à la fin des années 1970, il a donné au catch toutes ses lettres de noblesse. Souvent dépeint comme un visionnaire, il a, en effet, réussi à faire naître des scénarios exceptionnels pour aboutir à des combats mémorables. Au milieu des années 1990, la popularité de la WWF a commencée à battre de l'aile, au profit de la WCW, fédération détenue par le milliardaire Ted Turner (qui faisait venir dans son show les plus célèbres lutteurs WWF). S'engageront alors ce qu'on a appelé les "Monday Night Wars" : tous les lundis soirs, l'émission Monday Night Raw de la WWF faisait face à Monday Nitro de la WCW sur une chaîne concurrente, et toutes les bassesses étaient permises pour obtenir le plus gros score d'audience ! L'issue de cette lutte fut longtemps incertaine mais faillit mettre la WWF sur la paille. Finalement, les idées audacieuses de McMahon et la gestion particulièrement imbécile de la WCW (détaillée dans l'excellent livre de R.D. Reynolds et Bryan Alvarez, The Death of WCW) signèrent l'arrêt de mort de la WCW qui sera rachetée pour une bouchée de pain par McMahon.
Parmi les erreurs stratégiques qui ont précipité la chute de la WCW : l'incapacité des bookers successifs (notamment Eric Bischoff et Vince Russo) à renouveler leurs scénarios, leur trop grande confiance dans la popularité de stars vieillissantes (Hulk Hogan, Kevin Nash, Lex Luger) aux matchs sans cesse plus poussifs, au détriment de catcheurs moins connus mais plus talentueux, une multiplication des dépenses inconsidérées... On peut considérer que l'erreur de jugement qui fut le dernier clou du cercueil de la WCW fut de laisser un acteur, David Arquette, gagner la ceinture de champion des poids lourds dans un simple but publicitaire. L'évènement était si inattendu que toute la presse américaine en fit l'écho, certes... mais les fans, furieux de voir gagner Arquette, se détournèrent en masse et de façon définitive de la WCW.
En face, McMahon lui sut injecter du sang neuf à sa fédération. Délaissant le côté « divertissement familial » du catch des années 1980, il se tourna vers le public des adolescents et jeunes adultes en offrant un produit adapté à la génération MTV. Privé de ses stars, il en fabriqua de nouvelles, transformant en vedettes des catcheurs rejetés par la WCW tels que Steve Williams et Mick Foley, qui devinrent parmi les plus grandes stars du catch de tous les temps à la WWF sous les noms de " Stone Cold " Steve Austin et Mankind. Il cassa les traditionnels rôles de "face" et "heel" ; désormais, le personnage adulé par les foules ne serait plus un fier héros conseillant aux enfants de "dire leurs prières et de prendre leurs vitamines" (comme le faisait Hulk Hogan) mais un rebelle, un mauvais garçon individualiste et sans merci (principalement personnifié par " Stone Cold " Steve Austin), ne reculant devant rien pour gagner et se moquant des règles. McMahon misa également sur la violence et le sexe. Cette ère de changement est connu sous le nom d'Attitude Era. Une des man½uvres qui permit à la WWE d'obtenir plus de fans, fut l'invitation de Mike Tyson dans un Wrestlemania. Les fans se sont alors détournés de la WCW pour voir si le boxeur prendrait part à l'action. Finalement, il ne catcha pas mais le public découvrit réellement " Stone Cold " Steve Austin et ne retourna plus jamais vers la WCW.
Aujourd'hui, la WWE n'a plus aucun concurrent sérieux dans le monde (en termes de puissance économique et de scores d'audience du moins), ayant absorbé ses deux principaux rivaux, WCW et ECW. Il reste néanmoins un très grand nombre d'autres fédérations encore actives aux États-Unis, telles que TNA (Total Nonstop Action) ou RoH (Ring of Honor). Les fédérations dites "indépendantes" (de petite taille, dont les shows ne sont généralement pas diffusés à la télévision, et qui ne détiennent aucun contrat d'exclusivité avec les catcheurs qui s'y produisent)) sont toujours populaires auprès des "smarts" (voir lexique plus bas).
Le Canada, le Japon et le Mexique accueillent également d'importantes fédérations, moins basées sur le "sports-entertainment" et plus orientées sur le côté sportif ou dangereux du catch.
Secret
Le grand secret du catch a longtemps été de protéger sa nature scriptée. À une époque pas si lointaine que ça (on peut estimer l'aveu de la nature scénarisée du catch au milieu des années 1990), les catcheurs qui jouaient le rôle de méchants (heel) ne devaient surtout pas être vus dans des lieux publics en compagnie de leur collègues censés être gentils (face). Lors de chacune de leurs apparitions à la télé les catcheurs devaient continuer à jouer le rôle de leur personnage (ou gimmick), se faire appeler par leur nom de scène et les catcheurs masqués ne devaient surtout pas montrer leur vrai visage. Ce code interne d'allégeance à la préservation de la mystique du catch s'appelle le Kayfabe.
On considère que c'est Vince McMahon, le propriétaire de la WWF et de la WWE qui a été le premier à casser le Kayfabe et à admettre que le catch était truqué. Cela permis à certains de ses poulains, comme Hulk Hogan, de ne pas avoir à répondre aux accusations de dopage portées contre eux du fait de leur utilisation de stéroïdes anabolisants car si le catch n'est pas un vrai sport, se doper de la sorte n'est pas tricher !